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Histoire de la Réserve et de la région | Géologie, topographie et physiographie
Climat | Calendrier des phénomènes naturels


La Réserve nationale de faune du cap Tourmente se situe sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, dans la MRC de La Côte-de-Beaupré, à 50 kilomètres à l’est de Québec (coordonnées: 47 00N 70 54W). Ce territoire d’une superficie de 2 399 ha offre un paysage contrasté de par la rencontre des Basses-Terres du Saint-Laurent, du Bouclier canadien et des Appalaches.

Le Service canadien de la faune acquiert ce territoire le 12 avril 1969, mais ce n’est qu’en en avril 1978, que fut officiellement créée la Réserve nationale de faune du cap Tourmente avec le mandat de
protéger le marais à Scirpe d’Amérique, principal habitat de la Grande Oie des neiges en périodes migratoires. En janvier 1981, La Réserve devient le premier site canadien à obtenir le statut de site RAMSAR (La Convention de Ramsar désigne des zones humides d'importance internationale).

Aujourd’hui, la Réserve nationale de faune offre plusieurs programmes : activités d’interprétation, réseau de sentiers pédestres, chasse traditionnelle à l’oie, exploitation agricole.

Principales recherches en cours : Étude sur la Grande Oie des neiges
Baguage d'oiseaux
Étude et suivi des espèces en péril
Suivi du marais à Scirpe d'Amérique
 

306 ESPÈCES D'OISEAUX ONT ÉTÉ RECENSÉES
DEPUIS LA CRÉATION DE LA RÉSERVE

Cette grande diversité et les fortes populations d'oiseaux rencontrées découlent en bonne partie de la situation géographique privilégiée de la Réserve. De plus, divers aménagements ont été réalisés en collaboration avec Canards Illimités sur le territoire pour favoriser la reproduction de la sauvagine. Ces aménagements ont contribué à l'augmentation de la diversité des espèces en procurant de nouveaux habitats aux oiseaux.

LA MIGRATION
En temps de migration, les canards barboteurs abondent alors au cap Tourmente, sans compter les Grandes Oies des neiges par milliers. Les parulines et les autres passereaux se concentrent aussi dans cet étroit corridor formé par l’escarpement du cap et la présence du Saint-Laurent. Les rapaces (Petite Buse, Buse à queue rousse, etc.) sont aussi au rendez-vous lors de vents favorables.

LA NIDIFICATION
En temps de nidification, une centaine d’espèces sont nicheuses sur le site. Le Grand Corbeau – un fidèle abonné depuis des années –, le Colibri à gorge rubis, le Merle d’Amérique, la Paruline masquée, la Paruline jaune, le Bruant chanteur, le Carouge à épaulettes, la Crécerelle d’Amérique et l’Hirondelle bicolore devraient faire partie de vos observations faciles lors d’une visite estivale. Certaines espèces nicheuses sont aussi sur la liste des espèces en péril dont le Faucon pèlerin, la Buse à épaulettes et le Bruant de Nelson.

L’HIVER
En hiver, les espèces résidentes les plus fréquentes sont la Mésange à tête noire, les Pics mineur et chevelu, le Geai bleu, la Tourterelle triste, les Sittelles à poitrine blanche et à poitrine rousse, pour ne nommer que celles-là. Si vous êtes persévérants, vous aurez peut-être aussi la chance de voir le Grand Pic, le Gros-bec errant, le Durbec des sapins ou la Chouette rayée au détour d'un sentier.

Obtenir la liste des oiseaux du cap Tourmente Français / Anglais
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LES MAMMIFÈRES
Les mammifères présents sur la Réserve se classent sous plus de 30 espèces. Les plus communs sont le Rat musqué, la Marmotte commune et l'Écureuil roux, que vous ne manquerez sûrement pas de croiser dans les sentiers. À l'occasion, vous pourrez apercevoir un Renard roux, un Raton laveur, un Lièvre d’Amérique, un Porc-épic d’Amérique, un Vison d’Amérique ou une Belette à longue queue. Le Cerf de Virginie et l’Ours noir représentent également des espèces assez fréquentes.

Très présents mais beaucoup plus furtifs, de nombreux petits rongeurs tels que souris et musaraignes vivent dans les champs et dans les sous-bois. En hiver, les traces laissées sur la neige fraîche témoignent de l'activité de ces petits occupants de la Réserve. Le Renard roux et plusieurs oiseaux de proie scrutent les champs à la recherche de cette petite pitance abondante.

LES AMPHIBIENS
Les amphibiens sont discrets, mais omniprésents sur la Réserve. La Rainette crucifère, la Grenouille des bois et le Crapaud d’Amérique se rencontrent dans les boisés, alors qu’on peut entendre ou voir la Grenouille verte, la Grenouille léopard et la Grenouille du Nord dans les étangs et le long des ruisseaux. La Salamandre à points bleus et la Salamandre rayée se glissent sous les feuilles mortes, les pierres et les bûches dans les boisés humides.
On peut entendre la Rainette crucifère lors de concerts bruyants, habituellement en avril et en mai, et par temps couvert, à la fin de l'été et au début de l'automne. L'appel de la Grenouille des bois, un coassement grave, souvent rapide, se produit dès que les étangs sont libres de glace. Quand au Crapaud d'Amérique, qui fréquente aussi les champs cultivés, on peut entendre son trille aigu dans les cours d'eau peu profonds et les étangs en période de reproduction.

LES REPTILES
La seule espèce de reptile répertoriée jusqu’à ce jour sur la Réserve est la Couleuvre rayée. Elle se rencontre un peu partout, particulièrement dans un endroit ensoleillé où elle aime prendre des bains de soleil.
La Couleuvre rayée mesure généralement de 60 à 80 cm, et quelques rares individus dépassent 135 cm. Cette couleuvre est sans danger pour l'humain. L'unique couleuvre de la Réserve n'est pas venimeuse et elle se nourrit de vers de terre, de grenouilles et à l'occasion de souris. Elle avale ses proies en un seul morceau.

LES POISSONS
Les ruisseaux, les rigoles, les fossés et les étangs constituent des habitats importants pour le frai et l'élevage de plusieurs espèces de poissons.
L'Omble de fontaine abonde dans les eaux pures, fraîches et cristallines des ruisseaux qui cascadent sur les escarpements. Les épinoches constituent l'alimentation de base pour de nombreux poissons et oiseaux. En certains endroits, et selon la période de l'année, se regroupent des Épinoches et des Meuniers noirs.

LES INSECTES
En ce qui a trait aux insectes, bien qu'ils n'y ait pas encore d'inventaire exhaustif de la diversité entomologique de la Réserve, il est possible d'identifier certaines espèces facilement observables. Les libellules et les demoiselles offrent un balai aérien près des étangs et des marais. Bien sûr, toutes les fleurs qui jaillissent des arbres fruitiers et des plantes attirent bon nombre d'insectes pollinisateurs comme les guêpes et les abeilles.
Au sol et dans le bois mort, une multitude d'insectes décomposeurs font le régal des oiseaux et petits mammifères.

La diversité végétale du cap Tourmente se compose de près de 22 types de peuplements forestiers et de plus de 700 espèces de plantes. Le cap Tourmente se caractérise par de vastes forêts matures, très recherchées par nombre d’oiseaux. Les principaux types forestiers rencontrés sont les érablières, la sapinière à bouleau blanc, les bétulaies et les hêtraies. Les tièdes et chaudes saisons font succéder des tableaux variés de végétation : le sous-bois est magnifiquement en fleurs au printemps (mi-mai), les nombreux arbres fruitiers répandent leurs effluves dans les premiers balbutiements de l’été (juin), le marécage côtier embaume des plantes en fleurs l’été bien installé (août), et la forêt de feuillus se pare de magnifiques couleurs chaudes et lumineuses alors que s’installe l’automne (octobre). L’hiver, quant à lui, révèle toute la magnificence des conifères, alors qu’ils croulent bien souvent sous l’épaisse neige et prennent place dans des paysages givrés mémorables (par exemple, empruntez le sentier La Prucheraie)... De quoi ravir le visiteur à chacune de ses visites !

La succession rapide de plusieurs milieux, depuis le Saint-Laurent et les Basses-Terres jusqu'aux hautes terres conifériennes, crée un tout très diversifié, d'une richesse inégalée dans cette région du Québec. La variété des peuplements forestiers situe le territoire du cap Tourmente dans un écosystème très étroit entre la région forestière boréale et celle des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Ainsi, le site constitue la limite nord de distribution d'un bon nombre d'espèces végétales et de plusieurs plantes rares du Québec et du Canada.

Sur la rive nord du Saint-Laurent, dans la région du Cap-Tourmente, on retrouve deux grands domaines climaciques de végétation : l'érablière à bouleau jaune et la sapinière qui appartiennent respectivement à la ceinture de la forêt décidue et à celle de la forêt boréale. Les essences arborescentes des Basses-Terres sont surtout l'Érable à sucre, le Hêtre à grandes feuilles, le Bouleau à papier, la Pruche de l'Est, le Thuya occidental, le Peuplier baumier, le Frêne de Pennsylvanie et le Frêne d'Amérique, le Peuplier faux-tremble, le Peuplier à grandes dents, l'Orme d'Amérique et le Chêne rouge. Vers le sommet du cap Tourmente apparaissent l'Épinette noire, la Sapin Baumier, l'Épinette rouge et le Pin gris.

L'érablière laurentienne occupe la plaine piedmontaise et l'érablière à hêtre constitue le groupement dominant du complexe forestier. On le trouve aux altitudes inférieures du cap Tourmente ne dépassant pas 515 mètres. Vers le sommet s'installent la bétulaie jaune, la pessière noire et la pinède grise.

Le marais intertidal est colonisé principalement par le Scirpe d'Amérique, la Zizanie aquatique et la Sagittaire latifoliée. Les rhizomes du scirpe constituent un élément très important du régime alimentaire de la Grande Oie des neiges.

Le marais côtier se présente dans son ensemble comme une immense mosaïque de groupes végétaux dominés par les solidages, la Prêle littorale, le Lytrum salicaire, l'Impatiente du Cap et la Vesce jargeau. Toutefois, en bordure du marais intertidal, une bande homogène épouse étroitement les contours de la limite supérieure du marais où dominent les Carex paléacé et dressé. Des peuplements très denses de Myrique baumier, communément appelé "Bois-sent-bon", occupent aussi plusieurs secteurs du marécage.

Dans la plaine côtière qui surplombe les marais côtier et intertidal, les champs sont ensemencés de céréales. Les lisières sont peuplées d'arbustes comme les saules, l'Aulne rugueux et les cerisiers. Dans cette plaine ont été créés des étangs où les quenouilles abondent.

LES PREMIERS OCCUPANTS
Les premiers occupants du territoire bordant le cap Tourmente ont été des Iroquoïens du Saint-Laurent. Ces amérindiens sédentaires habitaient des maisons longues et vivaient d’agriculture, de chasse et de pêche. Ce sont eux que rencontra Jacques Cartier lors de son voyage en 1535, alors qu’il remontait la vallée du Saint-Laurent. Presque cent ans plus tard, lorsque Samuel de Champlain emprunte le chemin déjà parcouru par Cartier, les Iroquoïens ne sont plus. Seuls quelques chasseurs Montagnais nomades profitent encore de l’abondance de la faune sur les terres du cap Tourmente. Champlain tombe alors littéralement sous le charme des attraits et beautés sauvages du cap Tourmente et décide d’y installer, en 1626, une première ferme, constituée d’une habitation et d’une étable. Les Anglais mettront cependant un frein à son rêve puisqu’ils mirent le feu et démolirent tout sur leur passage, deux années plus tard.

D'Où VIENT LE NOM DE CAP TOURMENTE ?
C'est en 1608 que le cap Tourmente est dénommé par Samuel de Champlain :
"De l'isle aux Couldres costoyans la coste, fusme à un cap, que nous avons nommé le Cap de Tourmente, qui en est à sept lieues, et l'avons ainsi appelé, d'autant que pour peu qu'il face de vent, la mer y esleve comme si elle estaoit pleine..."
On comprendra que Champlain le nomma ainsi en raison des flots qui se soulèvent au moindre vent à cet endroit.

MONSEIGNEUR FRANÇOIS DE LAVAL
ET LE SÉMINAIRE DE QUÉBEC

Sous Monseigneur François de Laval, quelques 40 ans après que les Anglais eurent tout brûlé, les terres du cap Tourmente reprennent leur vocation agricole et deviennent, avec les années, un vaste domaine cultivé. Le Séminaire de Québec, à qui Mgr de Laval a légué ses biens, poursuit son œuvre et, pendant près de 300 ans, les terres du cap Tourmente sont le lieu d’élevage du bétail et de la culture de diverses plantes fourragères et céréalières. C’est ainsi que le cap Tourmente a approvisionné le Séminaire de Québec en viande, produits laitiers et légumes jusqu’au milieu du XXe siècle. Quatre fermes d'envergure ont vu le jour sous l'égide du Séminaire : la Grande-Ferme, la Petite-Ferme, la Ferme de la Friponne et la Ferme du Cap.

LA PETITE FERME



En 1664,
Mgr de Laval rachète presque en totalité des terres de La Côte-de-Beaupré avec ses propres deniers, dans le but de garantir la fondation et l’existence de son Séminaire à Québec. Il a aussi l’idée d’y fonder une ferme-modèle et permettre à de jeunes gens d’apprendre les travaux des champs ou différents métiers les plus nécessaires au pays, tout en s’éduquant.

On construit alors les bâtiments nécessaires à l’exploitation des terres. Le premier bail de cette nouvelle époque est octroyé à Romain de Trépagny et sa famille en 1667. En 1690, on agrandit la maison de la Petite-Ferme pour une construction finale à un étage de 100 pieds × 26 pieds français (32 m × 8 m). S’y ajoutent la construction d’une chapelle domestique attenante au pignon est de la maison, une grange et une étable de pierre.

De 1747 à 1760, Joseph-Michel Cadet, dit Caddé, devient le nouveau contremaître à la Petite-Ferme. Décrété munitionnaire général de la Nouvelle-France (pour ce, il devait fournir à la colonie tous les effets dont le Roi aurait besoin) et boucher du Roi, il fit fortune sur les terres de la Petite-Ferme. En effet, il approvisionnait le Roi à des taux excessifs et partageait les profits avec son ami François Bigot, intendant de la Nouvelle-France. Parti de rien, Caddé devint l’homme le plus riche de la Nouvelle-France, mais fut banni pendant neuf ans pour avoir porté préjudice aux intérêts du Roi.

En juin 1759, huit navires anglais sous la gouverne de Wolfe, sont au pied du cap Tourmente. Deux mois plus tard, 168 soldats britanniques pillent, saccagent et incendient plusieurs bâtiments de chaque côté du Saint-Laurent. Suite à cette dévastation, le Séminaire de Québec est ruiné. Mais dès 1760, on commence réparations et reconstruction. De nombreuses familles résidèrent ensuite à la Petite-Ferme, parfois pour de longues périodes.
En 1934, un événement majeur : l'installation de la lumière électrique par la Quebec Power à la Petite-Ferme et à la beurrerie.

Aujourd'hui, le Service canadien de la faune utilise la Petite-Ferme comme bureaux administratifs. L'Association des amis et amies du cap Tourmente est maintenant responsable de la location de trois salles de réunion à l'intérieur de ce bâtiment historique.

LA FERME DE LA FRIPONNE
La Ferme de la Friponne a été construite en 1750, dans le voisinage de la Grande rivière du cap (aujourd’hui la Friponne). En 1752, on construit une maison à cette ferme. Charles Guilbault, fermier de Charlesbourg, est engagé comme premier contremaître dès 1753 et y demeure avec sa famille jusqu’en 1776.


En 1759, la Ferme de la Friponne n'échappe malheureusement pas aux soldats anglais dirigés par Wolfe. Les bâtiments de la ferme sont reconstruits, mais dans les années 1940 un nouvel incendie ravage la maison d'habitation. On décide de ne pas reconstruire et de laisser cette ferme en pâturage. Le seul bâtiment de cette ferme qui subsiste encore aujourd'hui est la Maison des Français tout près du stationnement du Centre d'interprétation.
LA FERME DU CAP, OU FERME DU BOUT DU CAP
Située en bordure de l'Allée d'Ormes, la Ruine que l'on aperçoit aujourd'hui est le dernier vestige de la Ferme du Cap. Cette maison d'habitation fut construite en 1786. En plus de la maison, cette ferme comprenait divers bâtiments tels que : une grange-étable, un silo, une "shed" à bois, une "shed" à paille, une boutique, une laiterie adossée à la maison, ainsi qu'un four à pain.

Suite au départ du dernier couple de fermiers, la ferme fut convertie en campement loué par des pêcheurs à l'anguille au Séminaire de Québec. La maison d'habitation fut accidentellement incendiée vers 1955-58 et les restes constituent la Ruine telle qu'on la voit aujourd'hui.



Comme la Ruine est soumise aux conditions extérieures et aux intempéries qui l’attaquent et la dégradent, le Gouvernement du Canada est intervenu pour préserver ce vestige historique. C’est pourquoi on peut maintenant observer une tôle à l’intérieur de la Ruine. Cette tôle a cependant le mérite d’empêcher que l'eau n'entre dans les joints de pierre. Elle permet aussi de retenir la structure de façon solide, et ce, pour une durée prolongée!

LA FERME CHeVALIER : UNE FERME OUBLIÉE
Une autre ferme ayant appartenue au Séminaire de Québec s'établissait sur le territoire actuel de la Réserve. Située entre le Petit Cap et la Petite-Ferme, de part et d'autre du Chemin du Cap-Tourmente, cette ferme plus modeste est maintenant complètement disparue. La maison d'habitation, sise du côté ouest du chemin a été défaite pierre par pierre vers 1965. Ces pierres ont servi à la construction de la maison d'un médecin dans le faubourg de Saint-Ferréol-les-Neiges. Du côté est du chemin, la ferme comportait trois autres bâtiments. Le dernier fermier qui a opéré la ferme de 1929 à 1960 se nommait Phydime Bouchard.


La Ferme Chevalier vers le milieu du 20e siècle, vue à partir du Petit Cap.

Denise La Rochelle, la petite-fille de M. Bouchard se souvient : "Je me souviens de cet endroit comme d'un havre de paix et d'énergie.

Chaque été, j'avais le privilège de passer quelques semaines chez mes grands-parents. Du matin au soir, je parcourais ces lieux magiques en essayant de me rendre utile dans les travaux de la ferme : nourrir les poules, le chien, les petits veaux et les oies domestiques. Souvent, ma soeur cadette et moi, avions la mission d'aller jusqu'au champ porter de l'eau glacée aux hommes qui ramassaient le foin, par grande chaleur. Parfois, j'étais fière d'accomplir des travaux d'hommes comme de "fouler" le voyage de foin que mon grand-père chargeait sur la charrette, d'aller chercher les vaches pour le train ou de rentrer les animaux dans l'étable. J'adorais, le soir venu, m'asseoir sur la galerie d'en avant pour contempler le fleuve, le cap et les nombreux bateaux qui passaient.


Deux "engagés", Hélène La Rochelle
et son père Robert La Rochelle
sur un voyage de foin.
Juillet 1955

Phydime Bouchard
s'est occupé
de la ferme
de 1929 à 1960

Le dimanche, on allait quelquefois à la messe dans la chapelle du Petit Cap en passant par un petit chemin forestier rempli d'embûches pour la petite fille que j'étais. Mon coeur se serrait juste à la pensée de rencontrer un animal sauvage ou de glisser dans le précipice qu'on traversait sur une planche. Dans cette chapelle, le parfum enivrant des fleurs sauvages et le chant des oiseaux donnaient un sens nouveau à la célébration religieuse.


Quand mes parents venaient passer quelques jours avec le reste de la famille, alors c'était le party : nous parcourions les bois environnants à la recherche de petits ruisseaux afin d'y taquiner la truite.

Plus tard, à l'adolescence, ma grand-mère m'engageait pour l'aider durant le temps de la cueillette des framboises. C'est là que mon premier amoureux, qui habitait alors à la Petite-Ferme, venait me rendre visite à cheval.

Aujourd'hui, quand je me promène sur la Réserve du cap Tourmente, j'entre encore en contact avec ces moments magiques de mon enfance..."
LE SERVICE CANADIEN DE LA FAUNE
La Réserve nationale de faune du cap Tourmente a été achetée au Séminaire de Québec par le Gouvernement du Canada en 1969. Le Gouvernement du Canada voyait là l’occasion par excellence de protéger le marais à Scirpes d’Amérique, principal habitat de la Grande Oie des neiges lors de ses haltes migratoires. La philosophie d’Environnement Canada, en acquérant des terres, était de conserver et protéger des habitats représentatifs et stratégiques le long du Saint-Laurent, afin d’assurer la protection d’espèces sauvages dont certaines sont en péril. La Réserve, d’une superficie de près de 2 400 hectares – dont 34% de marais intertidal – a été le premier territoire à recevoir le statut de « zone humide d’importance internationale » (Convention de Ramsar) en Amérique du Nord, en 1981. Elle fait également partie d’un réseau national d’aires protégées.

POUR EN SAVOIR PLUS
Si l'histoire vous passionne, rendez-vous au Centre d'interprétation et demandez aux naturalistes le circuit auto interprété à saveur historique : Le passé se dévoile...

Grâce à ce circuit, vous en apprendrez bien davantage sur l'occupation humaine du territoire de la Réserve nationale de faune du cap Tourmente.

QUATRE GRANDES UNITÉS PHYSIOGRAPHIQUES COMPOSENT LA RÉSERVE
  le plateau laurentien
la plaine côtière
le marécage côtier
le marais intertidal
Ces unités, issues des manifestations glaciaires et post-glaciaires du stade Wisconsin, ont été remaniées par le climat, les marées et les vagues pour leur donner l'apparence que nous leur connaissons aujourd'hui.

LE PLATEAU LAURENTIEN
D'abord, le plateau laurentien domine le territoire et se compose de roches précambriennes vieilles de 800 millions d'années. Il se caractérise par des sommets arrondis couverts de forêts où coulent de nombreux ruisseaux. Une falaise abrupte sépare ce plateau de la plaine. La topographie du plateau, relativement plane, montre une série de caps surtout sur les rives du Saint-Laurent. D'une élévation d'environ 4500 mètres qu'il était, le cap Tourmente n'est plus qu'à 571 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le roc de cette formation se compose entre autres de granit mais aussi de calcaire de Trenton et de grès de Postdam dans la brèche du ruisseau de la Friponne. Du till glaciaire forme la majorité des dépôts de surface. La limite orientale de plateau est formée d'un escarpement de faille quasi vertical - ce qu'on appelle aujourd'hui l'Éboulis - d'une hauteur de 95 mètres, à la base duquel s'entassent de nombreux blocs rocheux détachés de la paroi par l'action répétée du gel et du dégel.

LA PLAINE CÔTIÈRE
La plaine côtière, au relief peu accentué, s'abaisse graduellement en pente douce vers le fleuve. Elle est légèrement bosselée dans sa longueur par des crêtes de paléoplages et par une importante terrasse marine, composée essentiellement de sables marins bien drainés. Les parties les plus basses et les plus uniformes sont constituées d'argile marine de 1,5 à 4,5 mètres d'épaisseur, reposant sur des schistes d'Utica vieux de 450 millions d'années. C'est là un secteur à vocation agricole.

LE MARÉCAGE CÔTIER
Le marécage côtier qui succède à la plaine, ne recouvre qu'une étroite bande d'environ 200 mètres de largeur. Ce secteur plus ou moins marécageux peut être inondé périodiquement et possède une flore beaucoup plus diversifiée que la plaine côtière ou le marais intertidal. Formée presque entièrement d'argiles marines d'environ un mètre d'épaisseur reposant sur des schistes d'Utica interstratifiés de grès de Postdam, cette bande de terre relativement plane est entrecoupée de nombreux canaux, rigoles et ruisseaux.

LE MARAIS INTERTIDAL
Enfin, le marais intertidal, d'une configuration irrégulière, qui s'étend sur plus de 800 hectares, est l'espace balayé par les marées moyennes. Il est séparé du marécage côtier par une brusque dénivellation d'environ un à deux mètres de haut, surnommé "l'écart". Cette étendue d'argiles marines, très uniforme, d'une largeur qui varie entre 60 et 760 mètres, est recouverte par de grandes étendues de Scirpe d'Amérique dont la Grande Oie des neiges extirpe le rhizome pour se nourrir lors de ses passages migratoires.


Source : Service canadien de la faune

Carte topographique
La zone ceinturée de rouge représente le territoire ayant le statut de Réserve.

Le secteur du Cap-Tourmente jouit d'un climat tempéré froid avec hiver humide et été frais qui se rattache au type tempéré maritime de la région climatique de l'estuaire du Saint-Laurent. La topographie particulière du cap Tourmente, son relief accidenté, les aspects divers de ses pentes et leurs orientations, son exposition sud, la présence de la masse d'eau importante du Saint-Laurent, autant de facteurs qui, en exerçant une forte influence sur les températures maximales et minimales quotidiennes, contribuent à la différenciation des températures avec l'altitude. L'indice de ces conditions climatiques sur la végétation se traduit par la présence de groupements plus nordiques au sommet du cap Tourmente alors que les érablières laurentiennes croissent dans la plaine piémontaise.

AVRIL AOÛT
Mi-avril Arrivée des Oies des neiges
Les premiers passereaux arrivent
Fin avril Nombreux canards aux étangs
Mi-août Rassemblement des passereaux
Abondance de traces d'Ours
Abondance de petits fruits
Fin août Début des migrations de passereaux
Champs agricoles à maturité
MAI SEPTEMBRE
Début mai Observation des oies
Nidification des canards
Passage des bruants
Observation du Faucon pèlerin
Chorales de grenouilles
Floraison des plantes printanières dans les
  sous-bois
Mi-mai Observation des oies
Passage des parulines
Arrivée des colibris
Chorales des grenouilles
Fin mai Arrivée des moucherolles
Départ des oies pour l’Arctique
Fauconneaux au nid
Floraison du Populage des marais dans le
  marécage
Début septembre Passages des passereaux
Début des rassemblements de canards
Mi-septembre Passage de rapaces
Rassemblement des sarcelles d’hiver
Fin septembre Arrivée des premières oies
Passage des rapaces et des bruants
JUIN OCTOBRE
Début juin Observation des colibris aux abreuvoirs
Floraison des cerisiers, aubépines, pommiers
Mi-juin Couvées de canards
Floraison des arbres fruitiers
Fin juin Couvées de canards
Floraison d’orchidées en forêt
Début octobre Observation des oies
Passage des bruants
Festival des couleurs
Mi-octobre Grande affluence d’Oies des neiges
Fin octobre Départ des canards
Passage des migrateurs tardifs
Départ des oies vers le sud
JUILLET JANVIER, FÉVRIER, MARS
Début juillet Nidification et élevage des oisillons
Envol de plusieurs oisillons
Fin juillet Mue de nombreuses espèces d'oiseaux
Marécage côtier en fleurs
 
Observation des oiseaux fréquentant les postes
  d’alimentation situés le long des sentiers de randonnée pédestre sur neige damée.

 
 
Orage Communication inc.
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